Concours en Afrique : pourquoi travailler deux fois plus dur que les autres et comment le faire

7 concours. 5 échecs. 2 réussites. Le fondateur de MAXA raconte sans filtre ce que préparer un concours en Afrique lui a vraiment appris sur la corruption, sur l'arrogance, sur la douleur, et sur la seule méthode qui fonctionne vraiment pour se démarquer.
Il y a quelques années, j'étais sous mon lit. Littéralement. Deux jours enfermé dans ma chambre, lumières éteintes, ma mère derrière la porte qui ne savait plus quoi faire. Je venais de rater l'ENSPY pour la première fois.
J'avais eu mention Bien au bac. 15 de moyenne. Je me croyais intouchable.
Ce jour-là, la réalité m'a rattrapé brutalement. Et c'est cette douleur-là ,cette humiliation silencieuse qui est à l'origine de MAXA.
Réussir un concours en Afrique, c'est changer de vie
On ne le dit pas assez clairement : en Afrique, et au Cameroun en particulier, réussir un concours de grande école, c'est l'une des rares décisions qui peut transformer durablement une trajectoire de vie entière.
ISSEA, ENSPY, ENSPD, CAPESA, ENAM… Ces noms ne sont pas juste des acronymes. Ce sont des portes. Des portes vers un emploi stable, une reconnaissance sociale, une capacité à construire quelque chose, à subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Dans un contexte où le marché de l'emploi est saturé et les opportunités inégalement distribuées, la grande école reste l'un des ascenseurs sociaux les plus puissants qui existent.
Mais voilà le problème que peu d'encadreurs ont le courage de nommer clairement.
La réalité qu'on préfère taire
Ces concours sont sélectifs. Férocement sélectifs. Des milliers de candidats pour quelques dizaines de places. Et dans ce contexte, la corruption et le favoritisme existent — surtout pour les concours nationaux où les places sont rares et les enjeux immenses.
Ce n'est pas du cynisme. C'est de la lucidité.
Et cette lucidité mène à une conclusion simple : si tu veux être admis sur la base de ton mérite, tu ne peux pas te permettre d'être juste bon. Tu dois être incontournable. Tu dois atteindre un niveau tel que même la corruption ne peut pas ignorer ton dossier. Tu dois être tellement au-dessus du seuil que personne ne peut justifier ton rejet.
C'est injuste ? Oui. C'est la réalité ? Aussi.
Alors autant la regarder en face et s'y préparer en conséquence.
7 concours, 5 échecs : ce que j'ai vraiment appris
J'ai passé 7 concours dans ma vie. J'en ai raté 5. J'en ai réussi 2 — l'ENSPY et l'ISSEA, tous les deux à ma deuxième tentative.
Quand j'ai raté l'ENSPY pour la première fois, j'étais dévastés. Non pas parce que je m'étais sacrifié à préparer — justement. J'avais compté sur mes capacités naturelles. Je ne prenais pas au sérieux les matières qui ne m'intéressaient pas. J'estimais savoir mieux que ceux qui essayaient de me conseiller. J'étais brillant, et j'avais laissé cette brillance me rendre arrogant et paresseux à la fois.
Et je voyais des candidats que j'estimais moins capables que moi réussir. Ça, c'était le coup de grâce.
Mais voilà ce qui s'est passé ensuite et c'est peut-être la leçon la plus importante de cet article.
Plus j'échouais, plus bizarrement j'avais confiance. Pas de l'arrogance cette fois mais quelque chose de différent. Une confiance construite sur du concret. Parce que chaque échec me faisait travailler encore plus dur. Et plus je travaillais, plus je m'améliorais. Et cette progression mesurable, voir qu'on comprend des choses qu'on ne comprenait pas avant, résoudre des exercices qu'on échouait avant c'est ça qui construit une vraie confiance en soi.
La douleur de l'échec était devenue mon carburant. Je ne voulais plus jamais revivre ces deux jours sous mon lit.
Ce qui change vraiment quand on réussit
Voici les trois ruptures concrètes qui ont fait la différence pour moi :
1. Travailler avec les meilleurs, pas avec les confortables. J'ai choisi mes cercles de révision non pas parmi mes amis, mais parmi les candidats les plus forts que je pouvais trouver. C'est inconfortable. Ça oblige à se remettre en question constamment. Mais ça tire vers le haut de façon que rien d'autre ne peut faire.
2. Traiter tous les anciens sujets. Tous. Pas les parcourir. Les traiter. Les refaire. Comprendre chaque erreur. Identifier les patterns qui reviennent. Les concours ne réinventent pas leur structure chaque année, ils recyclent des logiques, des types de questions, des raisonnements. Celui qui a traité dix ans d'annales n'est pas dans la même préparation que celui qui a lu le cours.
3. La régularité absolue, qu'il fasse soleil ou non. Travailler tous les jours aux mêmes heures. Pas quand on est motivé. Pas quand l'ambiance s'y prête. Tous les jours. La discipline surpasse systématiquement le talent sur la durée d'une préparation de concours. Le talent sans discipline produit des résultats erratiques. La discipline sans talent produit des progrès constants.
Pourquoi j'ai créé MAXA
Quand j'ai réussi l'ISSEA et l'ENSPY, j'ai pris du recul sur tout ce parcours. Et j'ai réalisé deux choses qui m'ont mis en colère.
D'abord, le manque de ressources de qualité accessibles. Trouver des annales avec des corrections sérieuses était une quête en soi. Les cours de préparation existants étaient souvent hors de prix ou de mauvaise qualité. Il fallait connaître les bonnes personnes, avoir accès aux bons réseaux. L'information était inégalement distribuée, et cette inégalité-là n'avait rien à voir avec le mérite.
Ensuite, la solitude de la préparation. Il n'existait pas de communauté structurée où les candidats pouvaient s'entraider, se corriger mutuellement, progresser ensemble. Chacun préparait dans son coin, réinventant la roue, répétant les mêmes erreurs que des milliers de candidats avaient faites avant eux.
MAXA est née de cette double frustration. L'idée est simple : donner à chaque candidat méritant, peu importe sa ville, peu importe ses moyens, accès aux outils qui lui permettront de se démarquer de la masse.
Annales corrigées, cours structurés par école et par matière, quiz intelligents, suivi de progression, tout ce que j'aurais voulu avoir pendant mes années de préparation, construit pour la réalité africaine, accessible depuis un téléphone, même avec une connexion limitée.
Ce que tu dois retenir
Si tu prépares un concours aujourd'hui, voici ce que sept tentatives m'ont appris :
La brillance ne suffit pas. Ce n'est pas une insulte : c'est une libération. Ça veut dire que le résultat ne dépend pas uniquement de ce que tu es, mais de ce que tu fais.
La douleur des échecs peut devenir ta force la plus précieuse, à condition de ne pas la laisser te paralyser mais de la transformer en énergie de travail.
Dans un système imparfait, la seule réponse est l'excellence irréfutable. Prépare-toi à un niveau où le jury n'a pas le choix.
Et tu n'as pas à le faire seul.
C'est pour ça que MAXA existe.